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Ière PARTIE : OBJECTIFS ET UTILITÉ DES OBSERVATOIRES DE TRANSPORTI - Historique La première table ronde organisée conjointement par la Banque Mondiale et la Conférence Ministérielle des États de lAfrique de lOuest et du Centre sur les Transports Maritimes (CMEAOC /TM) en Juin 1992 a débouché sur lidentification dun certain nombre dactions à entreprendre en vue dengager des réformes de politique maritime dans la sous région. Il sagissait, entre autres objectifs, de définir au moyen de critères uniformes, les rôles et responsabilités des divers intervenants sur la chaîne des transports et détablir un cadre institutionnel efficace, à même darbitrer les conflits susceptibles démerger entre les divers opérateurs. Huit recommandations ont donc été formulées dont lune concernait la mise en place progressive dobservatoires nationaux pilotes de transports internationaux par mer et dun observatoire régional basé auprès du Secrétariat Général de la Conférence Ministérielle. Ainsi, huit pays pilotes ont été désignés pour abriter dans une première phase, ces outils. Il sagit des pays suivants : - Bénin - Burkina - Côte dIvoire - Ghana - Mali - Nigeria - Sénégal - Togo II- Largumentaire autour des observatoires II. 1 Pourquoi des observatoires? Le transport, quil sagisse du segment maritime, du passage portuaire ou des opérations de pré et post acheminement joue un rôle éminemment important dans la compétitivité du commerce extérieur. La compétitivité ne se joue pas seulement dans la production des biens et services, mais également dans les modalités dacheminement des importations et des exportations, en termes de coûts, délais, disponibilité, qualité de service. Les transports maritimes et leurs prolongements terrestres autant que les activités de distribution doivent être considérés aujourdhui, non pas comme une fin en soi, mais plutôt comme des services au bénéfice du commerce international. Le développement des échanges commerciaux et par voie de conséquence, la réalisation de la croissance économique dépendent, dans une bonne mesure, de lefficacité des systèmes de transport. Les industries en particulier et dune façon générale, toutes les structures impliquées dans le processus de production et de distribution, sont soucieuses de la maîtrise et de la réduction des coûts de transport et sassurent sans cesse de la fiabilité et de la qualité du service. Nous sommes là au coeur du concept du « juste à temps » (JAT) Toutes les parties concernées par la « fonction transport » décideurs publics - prestataires de services de transport - usagers ou utilisateurs des transports, ont besoin constamment, dans le cadre des choix quelles ont à faire et les décisions quelles ont à prendre, de connaître :
Les observatoires nationaux des transports ont pour objet :
Sont donc regroupées au sein de lobservatoire :
Lobservatoire est donc un outil daide à la décision pour :
. pour la planification et la programmation des moyens à mettre en oeuvre pour satisfaire la demande . pour évaluer leur efficacité et leur compétitivité, au regard des parts de marché quils occupent
Lobservatoire aide à décider mais permet également de suivre les effets des décisions prises et le cas échéant, dordonner la conduite dactions correctrices LOBSERVATOIRE = UN TABLEAU DE BORD II. 2 Le contexte Il est bon de savoir dans quel contexte se met en place lobservatoire, eu égard aux différentes mutations qui secouent depuis plus dune décennie, le commerce et le transport à léchelle du globe: a) au plan des marchés Les échanges internationaux de la sous-région se diversifient vers lAfrique du Sud, lAsie du Sud Est et lAmérique du Sud. La dévaluation a pu avoir dans certains pays, une contraction des importations, une reprise des exportations et une augmentation du commerce intra-communautaire. Parlant de transport, on estime que les marchés de laffrètement pour les trafics de vrac sont ouverts (3/4 des exportations de la sous-région). Les conférences maritimes opérant sur nos côtes ont disparu suite au contentieux avec lUnion Européenne et sous la pression des orientations libérales des économies. Le marché offre aux NVOCC (opérateurs de transport maritime non propriétaires de moyens navals) de mobiliser rapidement des navires pour opérer sur des niches particulières et dentrer en compétition avec de gros opérateurs jouissant de quasi-monopoles b) au plan de lorganisation La révolution du conteneur continue. Des services sorganisent sur la Côte Est et la Côte Ouest des Etats Unis via lEurope et lAsie (Pendulum services) avec des navires de 4 000 à 6 000 boîtes de capacité. Les gains de productivité se réalisent au niveau des activités terrestres et les services pendant que les opérateurs sintègrent. Le processus de libéralisation du secteur est largement entamé dans la sous-région c) la dynamique du changement saisie à travers les observatoires Un certain nombre daspects sont à prendre en compte dans la conception et le fonctionnement des observatoires. - la multiplicité des sources dinformation . chargeurs . compagnies maritimes . auxiliaires du transport maritime .commissionnaires agréés en douane . centres de fret . transporteurs routiers / ferroviaires / fluviaux . douanes . services statistiques, .... - la multiplicité des unités et des nomenclatures - la confidentialité de certaines informations II.3 Comment? a - un constat Le coût du trajet maritime nest pas nécessairement le plus important dans le coût global de la chaîne de transport. Les coûts de pré-acheminement, notamment pour les produits exportés dun pays de lhinterland peuvent atteindre 40% de la valeur CAF. Les goulots détranglement qui handicapent la chaîne de transport se rencontrent en général sur les maillons terrestres et comprennent les contraintes non tarifaires. b - rappel méthodologique Le système dobservatoires est fondé sur le concept de « filière technique ». La filière technique sentend dun produit et de son conditionnement à la fois. Exemples : - Produits manufacturés en conteneurs - Riz en sacs - Coton en balles Cette méthode permet une analyse standardisée des productivités et des coûts sur lensemble des maillons à laide de modules spécifiques reliés par des interfaces informatiques : - un module pour le suivi des trafics portuaires (données quantitatives et qualitatives);
Ainsi se présente succinctement le réseau des observatoires nationaux censés alimenter lobservatoire régional où des comparaisons entre ports, entre chaînes de transport pourront être faites. Au Togo, le Conseil National des Chargeurs Togolais est désigné comme gestionnaire -concessionnaire de lobservatoire et aura à ce titre, à exécuter les travaux suivants :
Les programmes de lobservatoire sont extensibles pour tenir compte des besoins spécifiques de chaque pays. IIème PARTIE : LES OBSERVATOIRES DES TRANSPORTS DANS LA STRATEGIE DE REDUCTION DES COUTS ET DELAIS DACHEMINEMENT DES MARCHANDISES Les échanges commerciaux internationaux sont aujourdhui caractérisés par une profonde mutation. La mondialisation des marchés y induit de nouvelles forces et crée de nouvelles institutions. LOrganisation Mondiale du commerce nest que le produit de ces forces. La mondialisation est une transformation guidée par:
Elle repose sur :
Elle entraîne les pays dans la constitution dalliances régionales selon le principe du «think globally - act locally». Cest dans ce contexte que des appréhensions se font jour au niveau des petits et moyens chargeurs quant à leur insertion dans un monde aussi fluctuant et utilisant des technologies en maturité croissante. I- Les contraintes auxquelles font face les chargeurs de la sous-région a) au plan mondial Les anglo-saxons parlent de « demand driven market » au sens où le marché mondial est dirigé par la demande. La logique qui prévalait jusque-là et qui mettait le consommateur dans une situation de dépendance vis-à-vis de loffre sinverse. Les consommateurs sont devenus de plus en plus exigeants pendant que la production mondiale connaît une croissance exponentielle. La maîtrise de la demande sous toutes ses formes et de ses variations spatio-temporelles impose la maîtrise conséquente dune information systématique et constamment fraîche sur létat des marchés internationaux La plupart des entreprises exportatrices en Asie, par exemple, sont des PME utilisant des technologies en maturité. Le lieu de rencontre de loffre et de la demande se déplace vers les outils modernes de communication. Les nouvelles règles internationales qui régissent le monde des échanges sont harmonisées par le biais de conventions internationales dont la lecture nest pas toujours aisée. Le fait est que ce nouvel environnement juridique et institutionnel influe sérieusement la formulation et la négociation des contrats. Les transports internationaux néchappent pas à cette nouvelle donne, dans la mesure où une réglementation spécifique sapplique à lacheminement et au transfert des marchandises. Les chargeurs seront donc de plus en plus en quête de compétences parfaitement au fait de tous ces rouages. b) au plan local Lenvironnement national est caractérisé par : - un manque de transparence dans les systèmes de facturation et de tarification; - des procédures administratives, douanières, fiscales et commerciales complexes. Il apparaît donc nécessaire pour le chargeur de : - de disposer dune information (« en flux tendus » ) sur les évolutions des marchés internationaux; - daccéder aux nouvelles technologies de linformation; - de maîtriser lenvironnement réglementaire qui gouverne les échanges internationaux. II- Les atouts du chargeur Laccès facile et peu onéreux aux nouvelles technologies de linformation ouvre de nouveaux horizons, en termes de conquête des marchés à nos opérateurs économiques. Il permet une meilleure rentabilité de leurs affaires, une optimisation des achats et ventes par une meilleure sélection des partenaires et le respect des délais contractuels. Le respect de la réglementation va sécuriser les relations contractuelles et permettre une plus grande objectivité dans les inspections sur les marchandises. III- la compétitivité: un concept global en matière de transport Avec la notion de chaîne des transport, ce sont les différents maillons, terrestres, portuaires et maritimes quil convient détudier tant ils sont étroitement liés et cest lorganisation densemble de la chaîne qui dicte en grande partie le prix de chaque maillon. Ce découpage est toutefois modulable en fonction des spécificités de chaque chaîne. Cest ainsi quau niveau portuaire, certains pays incluent les manutentions de transit et dempotage, de traitement de la marchandise ainsi que les taxes non portuaires dans le prix du fret. Le prix de la chaîne de transport est en général apprécié en pourcentage de la valeur du produit rendu au port de destination ou dans lhinterland, ce qui permet de rendre compte de la part du transport dans la compétitivité dudit produit. Cette formule peut cependant occulter ce qui est dû à la cherté du produit ou celle du transport. Lappréciation peut être également faite en valeur absolue. IV- La particularité du corridor togolais Nous avons décidé de prendre le cas du corridor tout entier parce quil inclut, outre le trajet maritime, le passage portuaire et le post/pré acheminement vers/à partir de lhinterland. Sur la base dune étude menée par la Banque Mondiale en 1990 sur les corridors en Afrique sahélienne, nous avons les données suivantes: Coût direct généralisé de transport jusquà Ouagadougou par le corridor togolais (en pourcentage dudit coût)
En valeur absolue, pour la farine, le coût par Lomé était moins cher que par le rail en passant par Abidjan (-4%) avec 54.000 FCFA/Tonne contre 56.500 FCFA/Tonne et de 10% moins cher que par la route ivoirienne. Pour le conteneur 20, le coût par Lomé est de 12% mois cher que par le rail en passant par Abidjan et de 26% moins cher que par la route ivoirienne. Les mêmes comparaisons pourraient être faites avec la voie béninoise concurrente voisine. Il ne faut pas oublier les facilité offertes par la voie togolaise en matière de transit avec la structure « Solidarité sur la mer ». Enfin, le rôle des infrastructures dans cette analyse ne saurait être passé sous silence. V- Les orientations Une réduction des coûts de transport mesurés à travers le coût généralisé, au niveau du port et du transit, dans le sens dune plus grande compétitivité, passe par:
VI- Quel rôle pour lobservatoire? Toute politique commerciale active ou stratégique suppose en amont une maîtrise de linformation. Lobservatoire des transports et par extension lobservatoire du commerce international sont capables de fournir les éléments suivants nécessaires au pilotage dune telle politique:
Ainsi, le chargeur est assuré dune meilleure information sur les opérations du transport et du commerce, ce qui lui permet daccroître sa capacité danticipation. Il planifie mieux et gère plus efficacement les risques attachés à ses activités. VII- Quel rôle pour le CNCT Le secteur des transports est marqué comme nous lavons analysé plus haut par:
Les usagers, de lautre côté sont interpellés quant à la constitution dun « lobby » capable dexercer un effet de contrepoids vis-à-vis de ces structures intégrées. Le CNCT est là précisément pour jouer ce rôle fédérateur du groupe de pression, à même de défendre convenablement les intérêts de ses membres. Il sacquittera dautant plus efficacement de cette fonction que les services ci-après non exhaustifs, auxquels les chargeurs togolais doivent adhérer, seront rendus:
Conclusion: L'observatoire national des transports du Togo est certes à ses débuts, mais il démarre avec des acquis sûrs qui sont la mise à disposition du matériel informatique, des logiciels et par-dessus tout la formation de l'économiste, de l'informaticien et des enquêteurs. Le Togo, en plus d'être un pays à façade maritime, constitue la porte océane de bon nombre de pays sans littoral et il est clair que la compétitivité du corridor togolais dépend en grande partie de la maîtrise de l'ensemble des opérations qui se déroulent sur la longue chaîne des transports. Cette maîtrise ne saurait se faire sans un suivi constant et scientifique des flux de marchandises, des conditions de leur acheminement, des coûts et de la qualité de service. Décideurs publics, chargeurs et opérateurs de transport sont donc conviés à apporter leur appui à cet outil et à assurer sa maturité par un effort permanent d'imagination.
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